ÊTRE ET FAIRE

Ras-le-bol de la culpabilité

Hier, je suis allée au spa avec ma soeur. Une journée entre fille prévue et attendue depuis très longtemps, que j’ai failli gâcher par la mautadine de culpabilité.

Bin oui, parce que s’offrir une journée pour soi sans justification ou rendement attendu serait inacceptable. Aie! Aie! Aie! Je suis travailleur autonome moi, je dois bâtir ma visibilité, crédibilité machin, pas le temps de relaxer fille, faut montrer aux autres ce que tu fais, te faire connaître et tout le bataclan.

J’étais même pas partie que je pensais déjà en termes de rentabiliser cette journée. J’avais tout calculé pour faire en sorte de me sentir moins coupable de m’offrir un accès aux bains nordiques alors que c’est mon chum qui paie l’hypothèque depuis 6 mois pendant que j’essaie de garder la tête hors de l’eau dans mon océan d’entrepreneur débutante qui mange encore ses croûtes.

Je m’étais dit qu’on allait seulement passer 3 heures là. Le spa est à environ une heure de route, si on partait juste un peu après le trafic du matin, on serait correct pour éviter le trafic du soir aussi. Après tout, 3 heures au spa, c’est bien en masse, c’est raisonnable t’sais.

J’avais prévu me lever plus tôt pour travailler avant de partir et je pourrais aussi travailler le soir. Question de rattraper le temps perdu parce que : OMG je ne programme pas mes publications à l’avance et là, c’est sûr que la population du Québec en entier (voir les 200 quelques personnes qui me suivent) vont penser que je me fous d’elles et que je me pense au-dessus de mes affaires…

Bref, cette journée, supposément de détente, était calculée au quart de tour pour éviter à tout prix que je me sente coupable de ne pas la passer à travailler. Pour pas que je pense sans arrêt au fait que je devrais assurément être en train de créer du contenu gratuit pour expliquer au gens que je ne suis pas « une deux de pique » qui essaie de les flouer. Que j’ai plutôt réellement de bonnes intentions de vivre de mes talents en mettant à leur service mes compétences de gestionnaire dans l’âme pour leur faire vivre une expérience de transformation et les aider à apprivoiser/bonifier leur chaos quotidien.

Ceci dit, dans mon plan machiavélique, j’avais même prévu apporter des collations (à grignoter avant ou après dans l’auto ou dans le vestiaire puisque, évidemment, ce n’est pas permis d’apporter de la nourriture sur le site) pour ne pas avoir à dépenser plus pour manger au bistro.

Quand même Sab, déjà que tu te paies le gros luxe d’une entrée au spa avec un coupon 50% de rabais, tu vas pas en plus manger une salade à 5$ sur place. Faut pas exagérer!

J’ai fait la route côté passager, à travailler fort mentalement pour ne pas laisser le p’tit diable me faire sauter en bas de l’auto pour retourner m’enchaîner à mon ordi. Assise dans le spa, le soleil tapant réchauffait ma face qui avait bien besoin de cette lumière et cette chaleur.

C’est là que j’ai pris conscience que ça n’avait pas d’allure mon affaire. Que ça avait juste aucun maudit bon sens de réfléchir ainsi. Non, mais pourquoi aller au spa si c’est pour ne pas en profiter et m’auto saboter l’esprit?

Je me suis sérieusement demandé : c’est quoi ton problème Sab? Il y en a qui donneraient un rein pour être à ta place et toi, tu fais jouer ton disque de caca en foutant le bordel dans ta tête au lieu de juste vivre.

C’est vrai parce qu’on va s’le dire aussi : l’homme extraordinaire avec qui je partage ma vie ne met aucune pression sur moi et même qu’il est très bien capable de gérer les finances à lui seul.

En plus, je suis disons très habituée à l’introspection, l’auto-analyse et le travail sur soi. Je sais donc très bien à quel point c’est exactement ce genre de mindset qui consomme toute mon énergie et m’empêche d’accomplir quoi que ce soit.

Pire encore, je suis extrêmement consciente que c’est en ME nourrissant, en prenant bien soin de MA personne sous tous ses angles, que je « performe » le mieux, que je me sens bien et que les choses prennent leur place naturellement.

Il y a aussi le fait que je suis la première à crier haut et fort : Vivre et laisser vivre. Pour que chaque instant compte.

Duh? Allo. Oui, c’est la cohérence qui appelle le p’tit diable emmerdeur qui manipule ton cerveau pour lui dire d’aller jouer dans l’trafic!

Je me suis mise à penser/imaginer…

  • le chemin que j’avais parcouru jusqu’à maintenant;
  • la pression que je me mets constamment pour être utile à chaque seconde, performante;
  • la personne meilleure que je travaille à devenir;
  • chaque détail des projets dans lesquels je m’investis corps et âme;
  • ce que ça pouvait bien faire que je passe la journée au spa pour me ressourcer et que je publie A RIEN PANTOUTE sur mes réseaux pour une journée…

et je me suis dit : ah pis d’la marde!

J’en ai marre de me sentir coupable parce que l’argent ne me sort pas par les narines quand je respire. Littéralement, écoeurée d’engraisser le p’tit diable (M. Culpabilité de m*rde) qui se la coule douce en haut et s’arrange insidieusement pour que je continue de penser que je dois toujours faire plus.

Hier, je lui ai donné son 4% à lui en me rappelant que bien souvent : Less is more!

La vérité, c’est que j’aurais beau rester attacher à ma routine, à mon ordinateur ou aux autres choses que je planifie au quart de tour, j’en fais trop et plus j’en fais, plus c’est jamais assez.

C’est pas vrai qu’avoir des objectifs, des ambitions et travailler pour les atteindre va ressembler à une tonne d’exigences en série pour me garder enchaîner à des « je dois » et « il faut ».

Je vais vivre et être pleinement le joli chaos qui me compose et je serai raisonnable dans ma tombe, tient. Who cares!

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